Catalogue
Ouvrages parus

Récit de voyage – XVIIIe siècle
_____
La plus célèbre mutinerie de l’histoire de la marine. En 1789, alors que le brick anglais La Bounty a quitté Tahiti quelques jours plus tôt avec une cargaison de plants d’arbre à pain destinée aux Antilles, Fletcher Christian et une poignée d’hommes d’équipage se rebellent contre le capitaine Bligh, d’une sévérité extrême, et prennent le contrôle du navire. Abandonné dans une chaloupe avec les dix-huit marins qui lui sont restés fidèles près des îles Tonga, Bligh réussit l’exploit de rejoindre l’île de Java après une navigation périlleuse de 3000 miles marins avant de rentrer en Angleterre. Après être retournée brièvement à Tahiti, une partie des mutins va s’installer à Pitcairn, une île isolée du Pacifique. Un unique survivant y sera retrouvé trente ans plus tard, entouré de femmes et d’enfants. L’aventure absolue sans espoir de retour.

Récit de voyage – XVIIIe siècle
_____
La première circumnavigation officielle de marins français, à bord de la frégate La Boudeuse et de la flûte L’Étoile.
En novembre 1766, Bougainville est envoyé par le roi remettre les îles Malouines, au large de l’Argentine, aux Espagnols. Sa mission est ensuite de traverser la mer du sud et de rejoindre les îles à épices. Après avoir traversé avec difficulté le détroit de Magellan puis l’océan Pacifique, Bougainville découvrira Taïti, île au peuple doux et accueillant qu’il appellera la Nouvelle Cythère. Puis il explorera les Vanuatu, les îles Salomon, longera la Nouvelle Guinée et passera aux Moluques avant de rejoindre Batavia, aux Indes néerlandaises. Il rentrera finalement à Saint-Malo en mars 1769 par l’île de France et le cap de Bonne-Espérance avec un Taïtien à bord. Un tour du monde au cours duquel il n’aura perdu que sept hommes d’équipage.

Essai philosophique
_____
A. En attendant, que faites-vous ?
B. Je lis.
A. Toujours ce voyage de Bougainville ?
B. Toujours.
A. Je n’entends rien à cet homme-là. L’étude des mathématiques, qui suppose une vie sédentaire, a rempli le temps de ses jeunes années ; et voilà qu’il passe subitement d’une condition méditative et retirée au métier actif, pénible, errant et dissipé de voyageur.
B. Nullement. Si le vaisseau n’est qu’une maison flottante, et si vous considérez le navigateur qui traverse des espaces immenses, resserré et immobile dans une enceinte assez étroite, vous le verrez faisant le tour du globe sur une planche, comme vous et moi le tour de l’univers sur votre parquet.
A. Une autre bizarrerie apparente, c’est la contradiction du caractère de l’homme et de son entreprise. Bougainville a le goût des amusements de la société ; il aime les femmes, les spectacles, les repas délicats ; il se prête au tourbillon du monde d’aussi bonne grâce qu’aux inconstances de l’élément sur lequel il a été ballotté. Il est aimable et gai : c’est un véritable Français lesté, d’un bord, d’un traité de calcul différentiel et intégral, et de l’autre, d’un voyage autour du globe.

Poésie
_____
Toi, la fleur que le vent balance, à charge de la rosée qui honore ta corolle, jamais à la vie d’un être tu ne refuses le passage. La pure exhalaison de ton parfum laisse anéanti le jardinier céleste. Toi, miséricorde des ciels d’automne !
Toi, le plus petit ruisseau de larmes, on te découvrira encore fraîche du matin des hommes : éclose puis fanée, tu seras la muette incarnation de l’amour. Tu seras la mémoire aux joutes futiles et colorées et tu oublieras que tu es, fille du temple arboré du palais royal, du sang versé par le soleil à l’autel de la vie.

Roman traduit de l’anglais par André Ruyters
_____
Un des chefs d’œuvres de l’écrivain polonais.
À la fin du XIXe siècle, Marlow, un marin britannique, est chargé de ramener Kurtz, qu’on sait malade, d’un comptoir d’exploitation d’ivoire perdu dans la forêt équatoriale au bord du fleuve Congo. En remontant le fleuve aux eaux boueuses, Marlow s’enfonce progressivement dans le cœur de la jungle africaine. Il découvrira avec horreur les méthodes « douteuses », sanglantes, employées par Kurtz, un homme rongé par la fièvre et devenu le chef idolâtré d’une tribu indigène.
Ce texte inspira Francis Ford Coppola pour le scénario d’Apocalypse now, avec Marlon Brando dans le rôle de Kurtz. Nous avons choisi la traduction d’André Ruyters, ami d’André Gide, parue en 1925. Elle reste l’une des meilleures publiées à ce jour en langue française.

Récit de voyage – XXe siècle
_____
Le célèbre grand reporter français désirait se rendre clandestinement à La Mecque en 1930, mais la cité sainte lui resta interdite. À la place, il voyagea en Mer rouge, sur les côtes de la corne d’Afrique et de la péninsule arabique à la rencontre des pêcheurs de perles. Il en a ramené un récit devenu un classique. Un voyage à une époque où les rivages de ce qui deviendra les émirats Arabes Unis étaient encore appelés la côte des pirates et où Barhein était le paradis des perles.

Roman
_____
Le phare de San Juan del Salvemento, le « phare du bout du monde », est bâti sur l’île des états, non loin du cap Horn. Sur ces eaux dangereuses, il est le seul repère qui peut guider les marins dans la nuit, la brume ou la tempête, fréquentes aux confins de la Terre de feu. Les naufrages ne sont pas rares, et Vasquez, un des gardiens du phare, découvre qu’une bande de pilleurs d’épaves a élu domicile dans une grotte de l’île, à l’affût des proies que la mer peut leur apporter.
Un roman méconnu de Jules Verne à découvrir.

Roman traduit de l’anglais par André Gide
_____
Le vapeur Nan-Shan vogue sur la mer de Chine avec sa cargaison de coolies. Le capitaine MacWhirr est assisté par un jeune second, Jukes, et par l’excellent chef mécanicien Solomon Rout. Le baromètre chute de façon impressionnante et, durant la nuit, un typhon d’une rare violence s’abat sur eux. Le capitaine ne perd pas son sang-froid et parvient in extremis à mener, à moitié démantelé par les lames, son bateau à bon port. L’équipage, épuisé, en sortira profondément transformé.
Dans ce récit épique, Conrad peint Mac Whirr comme un modèle de marin, calme, tenace, humble et doué d’une confiance quasi mystique en la résistance de son navire. Un chef d’œuvre traduit en français par André Gide en 1918.

Carnet de voyage – 1927
____
« Je me suis précipité dans ce voyage comme Curtius dans le gouffre. Il ne me semble déjà plus que précisément je l’aie voulu (encore que depuis des mois ma volonté se soit tendue vers lui), mais plutôt qu’il s’est imposé à moi par une sorte de fatalité inéluctable – comme tous les événements importants de ma vie. Et j’en viens à presque oublier que ce n’est là qu’un « projet de jeunesse réalisé dans l’âge mûr » ; ce voyage au Congo, je n’avais pas vingt ans que déjà je me promettais de le faire ; il y a trente-six ans de cela. »
L’émerveillement devant la nature sauvage se conjugue dans ce récit à l’indignation face au sort des indigènes. Un des premiers réquisitoires contre le colonialisme, bref, mais efficace et réaliste.

Récit d’évasion – XXe siècle
_____
Cayenne, c’est fini pour Dieudonné ? Oui, mais pas sans mal !
Sous un format romanesque aussi haletant qu’émouvant, Albert Londres nous conte le destin d’Eugène Dieudonné, accusé à tort d’avoir participé aux exactions de la bande à Bonnot, qu’il ne faisait pourtant que fréquenter de loin en loin du fait de ses convictions anarchistes. Arrêté, prétendument “reconnu” par une victime dont on a retenu le témoignage bien qu’il ait déjà désigné à tort deux autres innocents, condamné à mort, gracié, envoyé au bagne de Cayenne, Dieudonné y croupit quinze ans pendant lesquels il ne rêve que d’une chose : la belle, l’évasion, la liberté. C’est le récit de cette évasion que le célèbre reporter vient cueillir de la bouche de Dieudonné, et quel récit ! S’évader de Cayenne dans les années 1920, c’est l’assurance de s’exposer à d’impitoyables risques de noyade, de famine, de trahison, et pour beaucoup d’échec, voire de mort.
Est-ce la chance des innocents? Dieudonné s’en tire, se refait une vie au Brésil mais voilà que le funèbre destin frappe de nouveau à sa porte… jusqu’au rocambolesque retournement qui lui verra obtenir, après une campagne de presse d’Albert Londre en sa faveur, sa grâce définitive et un passeport.

Récit de voyage/pamphlet – XXe siècle
_____
Publié en 1929 à la suite d’un voyage de quatre mois en Afrique Occidentale Française, ce récit montre le fonctionnement du système colonial français. Comme toujours, avant de partir, Albert Londres n’a pas d’a priori, pas de position de principe ; il va, il voit, et il décrit. Et quand les faits observés ont formé son opinion, il ne s’encombre guère de nuances. Une peinture pathétique des colonies africaines dans laquelle le grand reporter évoque notamment la persistance d’une traite négrière qui ne dit plus son nom : « L’esclavage, en Afrique, n’est aboli que dans les déclarations ministérielles d’Europe ». Avec Voyage au Congo de Gide, et quelques autres livres éclairés de la première moitié du vingtième siècle, Terre d’ébène est un des grands textes anticolonialistes.

Roman traduit du portugais par Vincent Gorse
« Il parlait peu et mâchait les syllabes avec un accent espagnol. Il vivait avec des chemises tachées de peinture, couvertes d’éclaboussures et de dégoulinades de couleurs si mélangées qu’on ne pouvait plus les définir. Il portait une barbe rousse et ses cheveux rebelles qui poussaient dans tous les sens entouraient son visage comme s’il était au fond d’un nid d’oiseau. Quelquefois, une goutte de peinture sèche se balançait collée à la pointe d’un de ses poils de barbe les plus longs. La peau autour de ses ongles scintillait d’un jaune brillant, traces d’huile de lin et d’autres solvants. Il peignait sur tout ce qu’il trouvait. Soudain mue par un élan d’inspiration, sa main commençait à frémir, amorçant le geste de peindre. Emilio Vega ne prenait en compte que le hasard des circonstances. »

Les grands navigateurs – tome 1
Les côtes du Maroc sont connues depuis l’Antiquité, mais la superstition et la peur règnent encore en cette fin de Moyen Âge, et le cap Noun et le cap Bojador (au sud d’Agadir)sont considérés les limites du monde, au-delà desquels s’étend «la mer des ténèbres », parsemée de courants dangereux et de monstres marins., Mais l’infant Henri «le Navigateur » impulse une nouvelle ère et ses capitaines finissent par découvrir Madère et les Açores, dépasser les caps si redoutés et atteindre les îles du Cap Vert et les côtes d’Afrique noire en1440. L’exploration vers le sud ne cessera plus et Bartholomeu Dias atteindra le Cap de Bonne espérance, la pointe sud de l’Afrique, en 1488. Dix ans plus tard, Vasco de Gama longera les côtes africaines de l’océan Indien, découvrira Zanzibar et réussira la longue traversée vers Calicut. Les Indes, enfin ! Par une nouvelle route maritime. Les Portugais ne s’arrêteront pas là et en 1512, ils atteindront enfin les îles Moluques – les célèbres îles à épices tant convoitées.

Les grands navigateurs – tome 2
Tout le monde connaît le nom de Christophe Colomb et sa découverte de l’Amérique en 1492. Mais qui était-il et comment en est-il arrivé là ? C’est ce que nous raconte le marquis Auguste de Belloy dans ce récit des exploits et des déconvenues du célèbre navigateur de la fin du XVe siècle. Ouvrage publiée en 1890.
Une biographie « classique » qui narre la version officielle, retenue par l’Histoire, de la vie et des aventures de Colomb ; avant les hypothèses plus récentes, qui font parfois débats, sur les véritables origines et la véritable identité de « l’amiral de la mer océane ».

Récit de voyage – XIXe siècle
« Au commencement du mois de juin 1866, je pris passage à Édimbourg sur l’Arcturus, paquebot danois qui pendant six mois de l’année fait le service entre Copenhague et l’Islande, en passant par l’Écosse et les îles Fœroë. J’étais muni d’un ordre d’embarquement sur la frégate française la Pandore en station dans la rade de Reykjavik et j’allais la rejoindre. »
Ainsi débute le voyage du jeune marin français Noël Nougaret, qui, avant son embarquement sur sa frégate, va visiter les îles Féroé et l’intérieur de l’Islande. Il nous propose un récit d’une écriture remarquable qui nous fait partager quelques pans de la vie quotidienne des islandais au XIXesiècle et nous fait découvrir la célèbre plaine des geisers, au coeur de l’île. Un témoignage précieux sur l’île qui, quelques années plus tard, sera la porte d’entrée du mystérieux monde souterrain des héros de Voyage au centre de la Terre de Jules Verne.

Récit de voyage – XIXème siècle
Le 22 février 1894, Pierre Loti quitte l’oasis de Moïse, en compagnie de quelques amis, d’un interprète et d’une vingtaine de chameliers. Cette caravane traverse le désert du Sinaï en faisant étape quelques jours au monastère Sainte Catherine. Après une halte à Arabah, un problème de laisser passer ne leur permet pas d’atteindre Pétra et ils se dirige vers la Palestine. Gaza est atteinte le 25 mars, jour de Pâques, peu avant d’entrer à Jérusalem.
Cette longue marche dans le désert, c’est le chemin biblique de l’Exode et Loti en a ramené un récit admirable
Les paysages du Sinaï font sur Loti l’effet d’un révélateur, ils le délivrent spontanément de tout bagage et de tout fatras culturel pour le mettre face à un temps et un espace d’avant l’Histoire.

Les grands navigateurs – tome 3
Une expédition commandée par Magellan part en 1519 avec cinq navires et 237 hommes à la recherche d’un passage dans l’Atlantique sud. Après une folle épopée, ils trouveront et franchiront le détroit qui mène au Pacifique, seront les premiers Européens à traverser cet immense océan et accosteront aux Philippines avec 3 bateaux en 1521. Magellan mourra d’une flèche empoisonnée en s’impliquant dans un conflit local, mais une partie de son équipage, désormais commandé par Sebastian El Cano, atteindra les Moluques et finira par débarquer un an plus tard à Lisbonne avec une cargaison de clous de girofle et 18 survivants à bord d’un seul navire, la Victoria.
Ils sont les premiers a avoir fait le tour du monde, après une circumnavigation de trois ans et quatorze jours.

Récit de voyage XVIème siècle
Parti de Lisbonne en 1537 pour rejoindre ses frères en orient, Fernão Mendes Pinto voyagera plus de vingt ans dans l’océan Indien, en Tartarie, au Siam, aux Moluques, aux îles de la Sonde, en Chine et au Japon avant de finir par revenir au Portugal. Tour à tour soldat, mercenaire, trafiquant, naufragé, esclave, marchand, ambassadeur et même jésuite, compagnon de saint François Xavier, ses voyages et ses aventures s’enchainent sans répit…
C’est de retour dans sa terre natale, vieillissant, qu’il écrira ses mémoires, Pérégrination, qui ne seront publiées qu’après sa mort, en 1614. Rapidement traduites en plusieurs langues, ces récits d’aventures fabuleuses et presque incroyables ‒ beaucoup penseront que Mendes a amplement brodé et menti ‒ auront un grand succès et sont considérées comme un chef-d’oeuvre de la relation de voyage, à la hauteur du Livre des merveilles, de Marco Polo.

Récit de voyage XVIIIème siècle
Le 22 février 1735, Charles Marie de la Condamine, physicien, membre de l’académie royale des sciences de Paris, accompagné de Joseph de Jussieu, botaniste, et de quelques autres scientifiques, se rend en équateur, aux montagnes de Quito, pour mesurer l’arc d’un dégré de méridien. C’est une question scientifique importante qui fait débat à l’époque et qui nécessite une mesure précise à la fois à l’équateur et près du pôle. Il s’agit de vérifier si la terre est ronde ou si elle est applatie aux pôles, comme on commence à l’affirmer.
Une fois sa tâche accomplie avec succès, notre académicien s’attardera en Amérique du sud et choisira rien moins que de descendre le fleuve des Amazones. Son voyage durera finallement 10 ans, et après avoir rejoint la Guyane, il ne rentrera en France qu’en 1745. Quant à Joseph de Jussieu, il restera 36 ans en Amérique du sud, décrivant des centaines d’espèces végétales nouvelles.
Une autre époque où les voyages étaient longs et périlleux.

Roman traduit de l’anglais
Bombay. Baker, le second du navire le Narcisse, fait l’appel de l’équipage avant d’appareiller et le dernier à embarquer est un Nègre de haute stature : James Wait. Une fois en mer, le capitaine Allistoun arpente la dunette toute la journée. Jeune, il fut harponneur sur un baleinier et ne craint qu’un Dieu sans miséricorde. Waits tombe vite malade et doit rester sur sa couchette. Les hommes parlent à voix basse en passant près de sa cabine, volent le cuisinier pour le nourrir et prennent soin de lui. Des tensions se font jour entre les officiers et l’équipage, mené par Donkin qui professe des idées proches du communisme ; il se fera durement mater par Baker. Mais alors que le navire se retrouve pris dans une violente tempête au large du cap de Bonne Espérance, les marins sont mis à dure épreuve.
Une aventure humaine où les hommes au caractère bien trempé, inspirés par leur courage et une part d’inconscience, sont prêts à jouer leur vie presque chaque jour, animés par l’appel du large.